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The Blacker The Berry

KKendrick Lamar
Auteur
Anais
Album
To Pimp A Butterfly
Ajouté le
11 février 2015

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Texte

Discussion

Commentaires

12
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  1. A

    a-k-h

    @MarshallJT : un grand merci pour ce partage d'analyse, effectivement on comprend mieux le cheminement de l'album qui franchement est une vraie réussite lyrique, musicale, artistique comme les 2 précédents ! K Lamar fait du bien au Rap US aucun doute là dessus !

  2. W

    War-Boy93

    Ah ok, m*rde alors... La censure sur Youtube est vraiment terrible... Sinon vous avez pas penser à mon idée sur le fait que la communauté puisse vous aider en postant des liens de vidéos pour les chansons que vous projetez de traduire ? Comme ça votre travail sera réduit et vous perdrez beaucoup moins de temps à chercher des vidéos

  3. B

    Buddle

    @war-boy93 on avait bien utilisé les vidéos que tu avais posté notamment pour "How much a dollar cost" mais comme t'as sûrement pu le constaté la vidéo a été supprimé de YT

  4. W

    War-Boy93

    C'est rageant de voir les trads arriver si tardivement parce que ça fera bientôt 2 mois que l'album est sorti... Mais bon j'espère qu'elles arriveront à un moment ou l'autre... A propos du problème des vidéos YouTube qui freinent l'arrivé des traductions j'ai proposé une solution à ça et je n'ai même pas eu de réponses... J'ai même mis une vidéo ou proposé des vidéos que Youtube n'avait pas bloqué sur certains sons et j'ai soit été ignoré ou alors on m'a inventé de faux problèmes d'upload...

  5. F

    fab_fap

    Patiente mon ami patiente

  6. K

    Kendrick

    J'aurais aimez savoir si vous êtes entrain de chercher une solution pour qu'on puisse avoir toutes les traductions de cet et des autres par la même occastion (étant donné que youtube bloque tout)? C'est frustrant de pas comprendre et connaitre l'histoire de cette album qui est un des meilleurs de notre génération

  7. F

    fab_fap

    Franchement je savais que cet album etait profond mais avec cet analyse je suis choqué J'avoue que je suis un fan isterique de kendrick mais la fau avoué qu'il est le meilleur Cherche moi un rappeur mediatisé en se moment qui a un album aussi reflechi ! Moi je di bravo Son album reflette exactemen se que je pense J'espere tout les jour qu'il ne se feras pas avoir par l'industrie et qu'il ne se feras pas tuer comme tupac ou enfermé comme DMX La premiere fois que j'ai ecouté l'album moi aussi j'ai etais decu (j'etais a 2 doigt de chialé) Mais a force de l'ecoute je me dit qu'il a fai bien plus que je ne l'esperé Breeffff merci pour tout kendrick t musique me boost tout les jours Et je crois que c l'une des seul chose qui me met de bonne humeur

  8. S

    Skinny

    Mddr y'a encore des gens sur 2K ?? putain c'est le site de mes années collèges ça, c'est un peu mort maintenant.. ce site relate toutes les news avec 3 semaines de retard.

  9. E

    edwards

    Sa reste du partage, merci tout de même pour l'initiative. C'est le geste qui compte.

  10. O

    OG Kush

    Il a juste pris le temps de copier coller. Il n'a rien fait du tout, c'est un mec de 2k qui a tout écrit

  11. S

    Skinny

    Un grand merci pour ce partage d'analyse qui peut aider à mieux apprécier et comprendre l'album en attendant les trads. Merci d'avoir prit de ton temps @MarshallJT. Personnellement j'ai beaucoup eu de mal au début avec cet album, étant fan (voir groupie) de Kendrick je l'ai très mal vécu, impossible de le réécouter pendant plus d'une semaine lors de sa fuite, puis petit à petit je l'apprivoise, le comprends de mieux à mieux et l'adopte. Ma préférence restera à GKMC qui est plus proche d'un registre que j'affectionne au niveau des sonorités, mais cet album est un chef d'oeuvre qu'on aime ou qu'on aime pas ce que fait Kendrick.

  12. M

    MarshallJT

    Je vous propose ici une analyse complète de l'album, track par track afin de vous aider à comprendre le thème de l'album et son message. Je tiens à préciser que je n'ai pas mené cette analyse, un bloggeur ricain très doué a réussi à décortiquer de manière ultra précise et exacte le contenu du projet. L'article en question est très long à lire et est en anglais. Pas difficile mais je me propose de le retranscrire ici de manière la plus courte possible. Je vais, par soucis de gain de temps, vous inviter à vous-même aller chercher les lines sur Rapgenius si vous voulez retrouver un propos spécifique, je ne retranscrirai que l'idée générale de chaque morceau. Commençons par le titre: To Pimp a Butterfly. En gros ça signifie que dans le hood, les jeunes sont des chenilles (caterpillars) et que ces chenilles ont pour but de survivre en exploitant leur environnement par tous les moyens afin de ne pas se laisser consumer par lui. Kendrick était une chenille avant dans l'impitoyable Compton, il était avec sa bande de potes et ils commettaient ça et là quelques infractions, des actes de délinquences, ce qu'il raconte dans GKMC, notamment sur Peer Pressure. Mais au fond de lui, Kendrick a découvert qu'il était aussi un papillon, l'emblème de la réussite, du succès, du talent. Mais la chenille n'a pas de vision éclairée de ce qui l'entoure, elle désire ardemment exploiter tout et n'importe quoi pour son intérêt et sa survie, incapable de faire la part des choses. Kendrick est ce papillon qui se développe et qui quitte sa ville natale, néfaste pour lui, afin d'aller vers d'autres horizons. Mais il est toujours chenille aussi, il va donc s'exploiter lui-même, exploiter son talent, jusqu'à le mener au bord de l'autodestruction. C'est l'histoire d'un conflit intérieur que nous raconte ici Kendrick. Le poème qu'on entend à la fin de chaque track à partir de la 3 est un résumé de ce que Kendrick a vécu durant ce "voyage", je vous invite là encore à recoller vous-mêmes les morceaux. 1) Wesley's Theory L'album commence avec un sample: "Every Nigger Is a Star", une chanson de Boris Gardiner. Cette chanson est le résumé du voyage que va entreprendre Kendrick tout au long du projet. Cette track nous place dans la situation où Kendrick vient juste de signer chez Aftermath. Il est tout excité et pense déjà à tout ce qu'il va pouvoir s'acheter, la grande vie commence pour lui. Mais Dre le met en garde: on peut monter très vite les échelons, comme on peut les redescendre encore plus vite jusqu'à la chute fatale. Le plus dur n'est pas d'obtenir, c'est de conserver. Pour ce faire, il faut faire preuve de prudence dans la manière dont on dépense son argent, ne pas oublier que le gouvernement veut aussi sa part (les impôts) et que bien des stars ont eu des blems avec le fisc à ce sujet (Wesley Snipe notamment, qui donne son nom à la track). Kendrick le comprend et on passe ainsi à la track suivante. 2) For Free? (Interlude) Fort des conseils de Dre, Kendrick fait face ici à une figure féminine qui joue à la fois le rôle d'une gold digger qui en veut à son argent mais surtout, elle est l'allégorie de l'état américain et de la société américaine. Cette dernière insulte alors Kendrick pour le dévaloriser du fait qu'il refuse de céder à la tentation. Ce dernier rappe qu'il doit tout à sa ville, son inspiration vient de là, il a des valeurs et qu'il n'est pas prêt à les laisser tomber pour suivre la voie de la débauche que lui ouvre sa nouvelle notoriété et l'avidité de la société qui le méprise et cherche à l'exploiter (lui le papillon). Référence également à l'esclavagisme qui est un thème bien présent au fil de cet album. Kendrick termine la track en insistant qu'il ne se laissera pas corrompre, fuck la société, il restera vrai et honnête envers d'où il vient. 3) King Kunta Ici, Kendrick, fort de sa conviction depuis la track précédente, se compare à Kunta Kinte, un célèbre esclave du 18ème siècle à qui on a coupé les jambes car il essayait de s'enfuir. Mais en même temps, en utilisant le terme "king", Kendrick montre ici qu'il ne peut pas lui arriver le même sort et que la société ne l'aura pas, il domine le game, personne ne peut l'arrêter et il balance un gros fuck à ses ennemis et ceux qui le convoitent avidement. Kendrick explique que tout homme est corruptible et que le pouvoir prend la forme de l'argent, de la politique, de la drogue. Kendrick est donc tout confiant depuis le début de l'album. C'est alors qu'on entre dans la partie sombre de l'album qui va occuper une bonne partie du projet. 4) Institutionalized Cette track insiste sur le fait que même si Kendrick est parti de Compton, Compton est toujours au fond de lui, c'est ce qu'il est, ce qu'il a toujours connu (ce que rappe Snoop sur le hook, remember ?). Kendrick se bat avec lui-même, il est libre de par son corps, il est parti loin de cette influence négative mais son esprit est toujours là-bas. Il ne sait plus quoi penser. Il veut aider sa ville et ses homies grâce à sa nouvelle situation mais en même temps sa nouvelle condition l'éloigne davantage. Un combat sans fin. Dans un des couplets, il rappe qu'il a un jour emmené un ami de son quartier au BET Awards. Son ami aurait alors commencé à jalouser sur le luxe qu'il voyait autour de lui, Kendrick le décrit comme frustré et voulant probablement voler les bijoux et les rolex qu'il voit dans les mains de gens faisant partie d'un autre monde. Mais on peut lire cela d'une autre manière. Peut-être n'est-ce pas un ami de Kendrick, mais Kendrick lui-même, le Kendrick de Compton, au fond de lui, qui bien qu'il ait changé de statut, reste tout de même ébahi et étrangement jaloux de ce monde qu'il n'avait alors jamais connu, comme s'il y avait en lui le nouveau et le vieux Kendrick. Le titre fait référence au fait que les gens, qu'ils soient riches ou pauvres, dépendent tous de biens matériels et ont tous la même avidité et les mêmes désirs car c'est la société qui les conditionne ainsi. 5) These Walls Aux premiers abords cette track est une sex song. Les deux premiers couplets font état de Kendrick qui rappe sur une meuf avec qui il a une relation depuis quelques temps. These Walls fait référence au vagin de cette fille. Mais à partir du dernier couplet, Kendrick s'adresse à quelqu'un, un mec derrière les barreaux (These Walls again !) et devinez de qui il s'agit ? Le meurtrier de son pote Dave, celui dont il parle sur Sing About Me. Kendrick lui dit qu'il aurait souhaité le tuer mais que Dieu en a décidé autrement. Alors pour se venger, Kendrick lui dit d'écouter les deux premiers couplets de cette chanson, quand il parle de la meuf qu'il se tape, parce que cette meuf, c'est la meuf DU MEC. Kendrick lui dit qu'il se tape la seule femme qui le soutenait, qui l'aimait, qu'il a juste eu à user de sa notoriété et de son pouvoir et que maintenant ce mec est seul, Kendrick lui a volé la personne qu'il aimait en contrepartie de son ami disparu (bon pas très équivalent mais il a fait ce qu'il pouvait lol). Mais à la fin de la track, Kendrick prend conscience que son désir de vengeance est inutile. On entre dans la track suivante, le pic de dépression en l'occurence. 6) U Kendrick sombre dans le desespoir total. Il est dans une chambre d'hôtel, il crie, il pleure, il se traite de tous les noms, il comprend qu'il a abusé de sa notoriété à des fins inutiles et peu scrupuleuses (track précédente), il est égoïste, il s'en veut d'avoir profité de son vécu à Compton, de l'avoir utilisé pour monter sa carrière mais de ne pas avoir été là pour sa ville en retour, lui montrer de la reconnaissance, de ne pas avoir été là aussi pour sa petite soeur qui est tombé enceinte pendant son absence, lui Kendrick qui fait la morale à ses fans, à tous les listeners mais qui a échoué à protéger sa propre soeur et son entourage. Il s'insulte de faux frère, de fake nigga, sur qui on ne peut pas compter, c'est un moins que rien. Il a exploité le papillon en lui et maintenant il ne reste qu'une coquille vide, il est seul torturé par toutes ces pensées. 7) Alright Sur cette track, on pense que Kendrick va se ressaisir, que ça va aller, il va se remettre. Bah pas du tout. Kendrick essaye de se consoler aux travers de ces choses matérielles qui l'ont détruit. Il sait que moralement c'est mal et qu'il risque même d'être rejeté par Dieu mais ce combat interne le déchire, il est tenté à chaque instant par le "Mal" qui l'entoure. Lamar se pose la question de savoir s'il peut après tout succomber à ses vices tout en restant fidèle à lui-même et à ses valeurs. Il veut jouer sur les deux tableaux, il ne peut pas se décider. 8) For Sale? (Interlude) Ici Kendrick fait face à Lucy (Lucifer ou encore simplement la tentation) qui lui propose de se laisser aller et de suivre la voie qu'elle lui ouvre, pour obtenir gloire, richesse et succès. Elle lui promet même de bien s'occuper de ses proches, elle essaye de le faire déculpabiliser, lui faire croire qu'il peut accepter de vendre son âme mais que tout ira bien et qu'il arrivera à sauver ses proches également. Référence à Sherane de GKMC: Sherane a fait faire à Kendrick des conneries dans sa jeunesse mais ce n'est RIEN comparé à ce que Lucy peut lui faire faire/lui offrir. Kendrick se dit qu'après tout il peut se laisser aller, plein de rappeurs le font déjà, pourquoi pas lui ? Mais avant de se laisser totalement emporter par la tentation, Kendrick décide de retourner à Compton pour chercher des réponses à son vécu, se délivrer de ses maux. 9) Momma Dans la première partie de la track, Kendrick se rappelle ce qu'il a vécu depuis qu'il est parti de Compton, le succès qu'il a eu et ce qu'il a accompli dans le game. Puis il fait le point sur tout ce qu'il a compris depuis le début de l'album, tous les conseils qu'on lui a donnés et les leçons qu'il a apprises. Il se figure alors tout savoir, tout comprendre (souligné quand il dit I know blablabla I know blablabla). Alors qu'il pense avoir franchi un pas dans la compréhension de lui-même, Kendrick rencontre un petit garçon dans la rue qui lui ressemble. Il se dit qu'il va lui enseigner ce qu'il vient de comprendre lui-même. Mais c'est le petit garçon qui va inverser les rôles et prouver à Kendrick qu'il n'a en fait RIEN COMPRIS. Le gamin lui dit que Kendrick doit toujours se purger de ses maux et de ses fautes, qu'il doit encore apprendre avant d'arriver au bout du chemin. Kendrick est alors perdu, il ne sait pas ce qu'il ressent, il ne sait pas vers quoi ou qui se tourner. 11) How Much a Dollar Cost Une des tracks les plus marquantes de l'album. Ici Kendrick raconte une histoire; il rencontre un SDF à une station service qui lui demande un dollar. Kendrick l'ignore et s'apprête à remonter dans sa voiture de luxe mais le clochard insiste. Kendrick lui dit froidement qu'il n'est pas responsable de la condition de SDF de l'homme et qu'il garde tout son argent pour lui. On apprend alors que ce dernier est Dieu et qu'il testait Kendrick (comme le Diable l'a fait sur For Sale précedemment) pour savoir s'il restait de la bonté et de l'humanité en lui. Mais Kendrick a échoué au test, il perd les bonnes grâces. Il cherche alors à obtenir une seconde chance. Dieu l'invite alors à se pencher sur les vrais problèmes de sa communauté. 12) Complexion (A Zulu Love) Après sa rencontre avec Dieu, Kendrick décide de se mettre en quête des réponses dont il a besoin pour surmonter ses maux. Il se penche alors sur les problèmes de sa communauté, plus particulièrement l'éternel "combat" entre les "dark skin" et les "light skin", je vous fais pas un dessin, vous comprenez que c'est une histoire de "contraste" de couleur chez les afros-américains qui est sujet à du racisme (eh oui, du racisme entre noirs ça existe les z'amis). Aidé par Rapsody (qui balance un meilleur couplet je trouve), il tend à faire prendre conscience de l'absurdité de ce débat entre les deux communautés, des violences qu'il génère. Kendrick était de ceux qui jugeaient également la beauté selon les standards de la société, parce qu'il avait été conditionné à faire ainsi par la société (ça renvoie à Institutionalized en quelque sorte, la société encore une fois est responsable des comportements, même les plus mauvais). Il prône maintenant l'acceptation de soi et la fierté que l'on doit en tirer, pas de complexe, la vie est belle, tout le monde il est beau en gros. 13) The Blacker The Berry Cette track, c'est l'illustration de ce qu'il se passe si t'es dans ce cas de confrontation dark/light skin, que t'as pas écouté la track précédente ou que tu dis que c'est de la bullshit et que tu veux continuer à penser que dark > light ou le contraire. En gros Kendrick aborde dans les deux premiers couplets la stéréotypisation de la société américaine (blanche) à l'égard des noirs. On penserait donc que Kendrick fait un procès à cette société blanche et qu'il l'accuse d'exploiter et d'oppresser les pauvres noirs. Mais rappelez-vous que Kendrick se décrit comme le plus gros hypocrite de 2015. A la fin du morceau il dit qu'il ne peut pas pleurer pour les morts noirs victimes de bavures policières quand lui aussi est fautif de tuer (enfin pas lui directement obviously) ses propres frères. En gros les noirs qui se plaignent des blancs à propos de violences devraient d'abord arrêter EUX-MEMES d'en provoquer ENTRE EUX. Voilà la morale. Kendrick dit pas que les injustices envers sa communauté n'existent pas, au contraire, mais qu'on ne peut pas les combattre tant qu'on n'a pas réglé celles qui gangrènent l'intérieur de leur propre communauté. 14) You Ain't Gotta Lie (Momma Said) Kendrick continue de marcher dans Compton et retourne chez lui. Sa mère l'accueille et elle est pas très contente. Bah comprenez-là. Sur GKMC, dans le morceau Real, Kendrick promettait de rester honnête et vrai dans sa vie et ses actions, qu'il ferait tout pour ne pas se laisser avoir par les tentations, qu'il resterait ce "good kid" quoi qu'il en coûte. Seulement on a bien vu que c'était pas trop ça tout au long de l'album et que Kendrick a eu son lot de soucis. Sa mère lui avait pourtant dit de faire son possible pour apporter des vibes positives autour de lui et de revenir un jour à Compton pour prêcher la bonne parole, donner de bons conseils pour aider sa communauté. Mais au lieu de ça Kendrick a demeuré absent et a oublié ses promesses. Elle le sermonne donc en lui faisant comprendre qu'il ne peut pas revenir ici en faisant mine de rien, que tout le monde entre-temps a perdu de l'estime et du respect pour lui. Elle lui rappelle alors qu'il doit regarder au fond de lui, qu'il doit cesser d'être hypocrite, qu'il doit cesser de mentir sur ce qu'il a ou sur ce qu'il fait (la track peut aussi bien être vue comme un message pour Kendrick qu'un message de Kendrick pour la jeunesse des quartiers, en gros arrêtez de vous inventer des street life, des fortunes que vous n'avez pas...). Kendrick comprend que la clé, c'est d'être soi-même et c'est le message qu'il fait passer sur cette track. 15) I A partir de cette track, Kendrick a VRAIMENT tout compris. Promis juré il a bien appris la leçon. Alors du coup quoi de mieux que d'aller directement le crier sur tous les toits histoire d'éveiller ses homies le plus vite possible ? La version de "I" sur l'album est en live pour illustrer quelque chose de précis: à la sortie de ce morceau, les détracteurs étaient nombreux. On lui reprochait de faire du commercial, c'est pas le Kendrick qu'on connait blablabla. Dans ce morceau Kendrick exprime ni plus ni moins le sentiment de soulagement, de libération de son esprit, le fait qu'il ait appris de toutes ses erreurs et qu'il se sent renaître, il est fier de lui, il s'accepte tel qu'il est. Mais alors qu'il le clame sur une scène d'open mic, des individus l'interrompent, ils veulent pas de ce discours de merde (fais péter du MC Eiht bordel de merde !!!), en gros ces mecs représentent les détracteurs du morceau. C'est alors que Kendrick se lance dans un speech afin de leur faire comprendre qu'un peu de positivité dans ce monde de merde ça fait pas de mal, que y a déjà assez de souffrance et de morts, qu'on peut bien respirer deux minutes et jouer aux bisounours. A la fin du morceau Kendrick explique que les noirs doivent arrêter leur haine intercommunautaire que la société a distillée en eux pour les diviser et les faire s'autodétruire, cette société qui cache la vérité aux noirs sur leur histoire (Lynk, ce passage est pour toi my nigga:good:) Il explique que le mot "nigger" (qui a donné par la suite "nigga") est un terme servant à rabaisser les noirs alors que le VRAI terme dérivé de ce mot vient de l'éthiopien: NEGUS, qui veut dire richesse, roi, empereur. En gros les blancs auraient masqué le véritable sens de ce mot afin de le retourner et de l'utiliser en tant que terme péjoratif pour rabaisser les noirs. Kendrick leur dit donc de se voir dorénavant comme des negus et non plus comme des niggers (ou niggas, même si le sens de ce dernier est bien différent aussi). Et lui, Kendrick Lamar, est le realest negus alive. 16) Mortal Man On arrive donc à la track finale. Ici Kendrick s'adresse à ses fans, à ceux qui l'écoutent. Après toutes ces épreuves il se sent plus mâture et conscient, il se sent prêt à prêcher la bonne parole, les enseignements qu'il a appris. Il se voit comme un possible nouveau leader à la Mandela, Malcolm X, MLK (bon ok il prend ptete un peu le melon mais il est jeune, laissons-le rêver^^). Il explique que quand tout le monde aura compris ce qu'il a compris, en particulier les noirs, le vrai combat pourra commencer pour faire reconnaitre les droits et la valeur de sa communauté au même titre que les autres. Mais il nous met en garde: c'est un homme, comme tous les autres et comme tous les hommes, il est sujet aux pires tentations et déviances (illustré tout au long de cet album). Alors faudra pas lui en vouloir si parfois il refait un peu le con ("When shit hit the fan, is you still a fan ?" bon ok on passe sur la grammaire douteuse qui ferait pâlir ta prof d'anglais de 70 balais). Lamar demande à ses fans de rester proches de lui, de pas lui en vouloir, quoi qu'il arrive, même s'il s'égare encore parfois, même s'il fait pas la musique que tout le monde attend de lui (bah avec ce skeud tiens), même s'il répond pas à toutes les attentes, il fait de son possible et il a besoin de tout ses fans (oui même de toi) pour y arriver, pour mener ce combat (c'est à ce moment, qu'ému, tu as une petite larme au coin de l'oeil.) Kendrick invite donc tous les noirs à se libérer de leurs chaines, non pas physiques mais mentales, libérer leurs esprits de la haine, des préjugés, de l'autodiscrimination, de voler tels des papillons dans le ciel bleu, laisser exploser leur potentiel. Vers la fin du morceau, Kendrick termine le poème qu'il lisait depuis le début de l'album, résumant comme je l'ai dit son parcours. Il le lisait en vérité à 2Pac (l'interview d'origine date de 1994) afin de lui demander des conseils pour savoir comment concilier sa nouvelle vie tout en restant fidèle à lui-même et à ses racines. Parce que 2Pac a beaucoup influencé Kendrick et certains voient en Kendrick la même fougue, le même activisme (certains doivent rire en lisant ce passage j'imagine^^) que Pac il y a 20 ans. Seulement Pac a été tué avant de mener ce combat à son terme. C'est donc à Kendrick de le poursuivre et de faire prendre conscience à tous du potentiel que chacun a au fond de lui, chacun est un papillon. 2Pac ne donne pas de réponse explicite à Kendrick à savoir si ce dernier est sur la bonne voie, il disparait avant de pouvoir le faire. Cet album est avant tout du divertissement. Mais on peut imaginer que Kendrick cherche à éveiller les consciences sur plusieurs sujets qu'il aborde au fil de l'album, illustrés par son propre vécu. Il ne prétend pas du tout avoir trouvé la solution miracle qui va régler tous les blems en deux minutes. C'est une lutte difficile, longue, tortueuse. Non, Kendrick voulait juste ouvrir le débat, ouvrir une discussion. C'est à chacun maintenant de penser ce qu'il veut, le prendre au sérieux et essayer de changer les choses ou non. Chacun a un rôle à jouer, Kendrick se place simplement comme celui qui ouvre la brèche pour laisser entrer le courant des idées et de la conscience, il te laisse méditer sur la question. Parce que même si c'est simplement un skeud de musique qui divertit, c'est aussi un peu une invitation au débat et à la remise en question.